Semaine 70 : La viande dans l’âme

©Claire-Agnès Villeneuve - Le coq dans l'âme

©Claire-Agnès Villeneuve – Le coq dans l’âme

– Avec un peu de patience, le cadeau de vendredi arrive ! Cette semaine c’est Claire-Agnès Villeneuve qui l’emporte avec une photo en surimpression qui a de quoi clouer le bec…

Non, non point de cocorico français dans cet article, nous allons plutôt tenter de se pencher sur la viande… et sa consommation. Le sujet est épineux, touffu même si on reste dans la métaphore animale, alors surtout nous rappelons qu’ici nous ne proposons que nos propres réflexions, qu’elles ne sont absolument pas des vérités absolues ! Pour résumer de la façon la plus juste possible, le mieux est encore de citer notre cher ami Montaigne :  “Je  propose des idées informes et incertaines comme font ceux qui offrent au public des questions sur lesquelles on n’a pas de certitude, pour qu’on en débatte dans les écoles : non pour établir la vérité, mais pour la chercher

Des viandards et des végans

Depuis quelques années on décrie de plus en plus la consommation de la viande, on voit apparaître de nouvelles formes de régimes, toujours plus “responsables” : végétariens (sans viande et sans poisson), végétaliens (+ sans fromage et sans œuf) et végans (+ boycott de tous les produits d’origine animalière tels que le cuir et qui poussent à l’élevage de masse). A côté on voit apparaître de fervents défenseurs de la viande, les viandards. Ces derniers crient à la perte d’un savoir faire, la culture culinaire française ainsi que la disparition de nombreux emplois tandis que les végans nous bombardent de vidéos chocs pour dénoncer les abus dans les abattoirs (promis il n’y a aucune vidéo de ce genre dans cette article) et de schéma pour montrer que l’élevage nous entraine vers le réchauffement climatique et notre extinction. Puis il y a aussi de le débat sur la santé, la viande serait cancérigène ou encore que ne pas manger de viande serait un manque en fer garanti…

Alors comment savoir si on est dans le vrai ou dans le faux ?

Peut-être que la solution ne serait pas de choisir un camp mais plutôt de louvoyer entre les deux… Ne plus manger de viande ? Mais quid alors des petits producteurs qui se donnent tant de mal à essayer de proposer un élevage responsable avec des animaux sans antibiotiques et nourris dans les pâturages ? On peut manger de la viande en étant responsable ! Privilégier les labels bio et plus encore essayer le plus possible de choisir des produits locaux : car oui c’est bien de ne plus vouloir manger de viande pour qu’il n’y ai plus de surproduction céréalière mais si c’est pour privilégier l’importation d’avocats par transport aérien ça revient un peu à donner un coup d’épée dans l’eau…

Il y a aussi le choix de la quantité de viande qu’on achète. On nous rappelle sans arrêt que la production de viande explose. Or il ne faut pas perdre de vue qu’elle accompagne l’explosion démographique mondiale ainsi que l’augmentation du niveau de vie. Si l’on mange plus de viande que nos parents et qu’eux mêmes en mangeaient plus que leurs parents c’est que tout au long du XXe siècle, le niveau de vie n’a pas cessé d’augmenter et qu’un des signes principaux de richesse est la consommation de viande (rappelez vous vos cours d’histoire : au Moyen-Age on représente les grands seigneurs avec moult rôtis et cochonnailles alors que les serfs sont réduis à la soupe). Difficile de contrarier ce genre de cliché…

Alors peut-être que plutôt que d’investir dans la quantité, on pourrait investir dans la qualité : ne pas se jeter sur la promotion de 10 steaks hachés (viande reconstruite, avec un gros impact industriel et difficile à retracer) mais privilégier une bonne entrecôte entière que l’on peut clairement situer sur le corps d’un animal. La viande sera peut-être plus chère, mais elle sera plus goûtue, en réduire la fréquence fera qu’on en apprécia plus la valeur, qu’on fera plus attention au gaspillage, bref qu’on aura une consommation plus respectueuse ! Une autre manière aussi d’acheter de façon plus responsable de la viande c’est de ne pas oublier les “morceaux bas” d’un animal, ceux qui permettent de faire des mijotés ou des plats en sauce. Il a été remarqué en effet qu’avec notre mode de vie effréné des temps modernes, on a tendance à privilégier des temps de plus en plus courts à cuisiner avec la consommation massive de viande à saisir, comme les steaks, les filets. Or cette part de viande ne représente que la moitié d’une carcasse et malheureusement, face à la baisse de la demande de ces morceaux, on se retrouve dans l’obligation pure et simple de les jeter… Alors on a la chance en France d’avoir une infinité de recettes de plats en sauces, navarin daube…. ce serait dommage de s’en priver… Surtout qu’avec le week-end froid qui s’annonce, un bon bœuf bourguignon chaud dans le ventre ne serait pas de refus !

Bon week-end à tous et à la semaine prochaine !

 

 

 

Pour aller plus loin dans la réflexion, quelques articles :

https://reporterre.net/Voici-pourquoi-je-re-mange-de-la-viande

https://www.lemonde.fr/planete/article/2015/10/27/faut-il-arreter-de-manger-de-la-viande_4798030_3244.html

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