Semaine 72 : Antigone

©Claire-Agnès Villeneuve - Antigone

©Claire-Agnès Villeneuve – Antigone

 

– Cette semaine Claire-Agnès l’emporte avec un belle avance sur le choix de la photo du vendredi avec le mot clef “sanglant”. Mais rassurez vous, point de tuerie au studio de la Boîte A2, simplement une réinterprétation du mythe d’Antigone !

Une commande scolaire

Peut-être que vous ne le savez pas mais parallèlement à la photographie, votre serviteure dévouée est en plein dans les études de lettres. Et en ce moment c’est le temps béni, non pas des chocolats dans le calendrier de l’avent mais des contrôles et exposés chaque jour…

Le dernier exposé en date avait pour sujet Antigone, et plus particulièrement en comparant l’œuvre du Ve siècle av JC de Sophocle et celle du XXe d’Anouilh. Mais la partie la plus sympathique de ce travail restait le moment où il fallait présenter nous même une réécriture/réinterprétation de ce mythe ! Alors ni une, ni deux, j’ai attrapé mon plus bel appareil et réalisé un triptyque représentant le mythe d’Antigone.

©Claire-Agnès Villeneuve - Triptyque Antigone

©Claire-Agnès Villeneuve – Triptyque Antigone

Le mythe d’Antigone

Ce triptyque est réalisé de tel manière à rappeler à la fois la version de Sophocle, à gauche avec le masque pouvant rappeler celui de la tragédie grecque, mais aussi la version d’Anouilh à droite avec le masque à gaz de la seconde guerre mondiale. En effet Anouilh a écrit sa pièce durant l’occupation allemande, donnant à l’héroïne une dimension résistante alors que chez Sophocle. La main au centre, est l’acte d’Antigone, celui de vouloir enterrer son frère malgré la loi de son oncle Créon l’interdisant. Cette main, la main de l’Homme mais aussi la main divine ou encore la main de la fatalité tragique, est omniprésente.

Mais il est peut-être bon de faire tout de même un petit rappel du mythe d’Antigone ! L’histoire commence au moment où les deux frères de notre héroïne, celle qui étymologiquement “dit non”, viennent de s’entretuer pour la régence du trône de Thèbes. Créon, leur oncle, qui du coup est le roi décide pour maintenir l’ordre d’enterrer le premier, Étéocle, avec tous les honneurs, et de laisser le second, Polynice, à “la merci des vautours”. Face à cette décision, Antigone va s’opposer à Créon et essayer de rendre hommage à son frère. Le cœur des deux tragédies se tient dans la rencontre entre ces deux personnages. D’un coté Créon va tenter d’assurer son pouvoir, soit en l’appuyant de façon tyrannique chez Sophocle, soit tentant de mettre en avant son travail d’ouvrier et son sens du sacrifice chez Anouilh. Antigone de l’autre côté va se présenter comme une figure entière et intègre. Chez Sophocle, elle va rappeler à son oncle que les lois divines sont plus importantes que les lois humaines, chez Anouilh elle va nous amener à réfléchir sur l’absurdité de ce monde où le bonheur est fait de compromis. Dans les deux cas le roi de Thèbes va condamner l’héroïne à être emmurée vivante, et Antigone, entière jusqu’au bout, va préférer se pendre dans son caveau.

Bien que cette histoire remonte à des temps immémoriaux, son sujet, cette lutte contre le pouvoir n’a jamais été autant d’actualité… Surtout au regard des derniers et prochains week-ends !

Bon week-end et à la semaine prochaine !!

 

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