Chandeleur où l’assaut gourmand des crêpières

– Hier c’était la Chandeleur et en bons chrétiens, paillards, gourmands que nous sommes nous nous sommes fait un bon gueuleton de crêpes ! Mais ce matin, petit-déjeunant des quelques survivantes, je me suis dit qu’on ne pouvais prendre 3kg chaque année sans en connaitre le sens ! Voici donc quelques explications sur la Chandeleur, histoire qu’on ai encore un peu le bon gout des crêpes sur la langue…

Les origines de la Chandeleur

Chandelours

Chandelours

La Chandeleur a des racines qui remontent aux origines de la civilisation. Dans la Rome Antique on fêtait les Lupercales, cérémonie rappelant les fondateurs de la ville, Romulus et Remus, nourris en premier lieu par une louve. Cette fête est ainsi dédié à la fertilité et au renouveau. Avec l’arrivée de la lumière, du printemps il y a une forte idée de “purification”, le mois de février tenant son nom du verbe latin “februare” : purifier.

Cette période est aussi liée au culte de Proserpine (Perséphone en grec), fille de Déméter (déesse des cultures) devenue femme d’Hades après que ce dernier l’ait enlevé. Proserpine est ainsi condamnée à passer la moitié de l’année avec son mari (ce qui correspond à l’automne et l’hiver, conséquence du chagrin de sa mère) et l’autre avec sa mère (printemps, été). La Chandeleur correspondrait ainsi au retour de Proserpine des enfers. Elle symbolise également le blé, dont la graine à été plongé dans la terre tout l’hiver pour pouvoir pousser et grandir au printemps.

En Europe du nord, la Chandeleur correspond au culte d’Imbolc. Elle se fête le 1er février en l’honneur de la déesse Brigit. Elle est la première rapporter la lumière de l’hiver, annonçant le retour de la chaleur et de la fertilité. En effet c’est durant cette période que les jours commencent à s’allonger et qu’on peut commencer à prévoir les premiers ensemencements.

Dans nos contrées et plus particulièrement dans les régions montagneuses on fêtait à cette période la Chandelours. Cette fête remonte au Haut Moyen-Âge où l’on fêtait la fin présumée de l’hibernation des ours. Attirée par la lumière revenue, l’ours sortait de sa tanière et devenait ainsi le premier signe du renouveau. C’est en parti à cette fête originelle, la Chandelours, que la Chandeleur doit son nom.

La Chandeleur : une fête chrétienne

Les chrétiens dans leur grandes campagnes pour éradiquer les croyances païennes se sont également appropriés la Chandeleur. Gardant quelques principes tel que la St Brigitte au 1er février ou encore les processions aux flambeaux, le pape Gélaste I institue la fête chrétienne des chandelles, la festa candelarum. La Chandeleur était née !

Présentation de Jésus au temple, Andrea Mantegna, 1465

Présentation de Jésus au temple, Andrea Mantegna, 1465

Pour les chrétiens cette fête se rapporte à la présentation de l’enfant Jésus au temple. Il est raconté par l’évangéliste Luc : “Quand arriva le jour fixé par la loi de Moïse pour la purification, les parents de Jésus le portèrent à Jérusalem pour le présenter au Seigneur selon ce qui est écrit dans la Loi : Tout premier né de sexe masculin sera consacré au Seigneur”. Traditionnellement, le rite juif demandait aux parents d’un nouveau né de participer à une cérémonie de purification de la mère, quarante jours après l’accouchement. Dans la Bible, Marie et Joseph se présentent au Temple à Jérusalem (qui fut plus tard détruit par Rome) à ce moment précis et procèdent au sacrifice de deux colombes, selon les préceptes révélés par Moïse. Un homme sage nommé Syméon serait entré dans le Temple et aurait reconnu la “nature divine” du nouveau-né. L’homme aurait vu dans l’enfant la “lumière” qui éclairerait les païens.

Des crêpes, des chandelles, de la lumière !

Dans la tradition chrétienne, il était d’usage d’aller faire bénir les chandelles a venir. De plus, la Chandeleur étant toujours fêtée 40 jours après Noël il est d’usage d’enlever la crèche et tout les éléments se rapportant à Noël à cette occasion.

Une autre tradition (celle qui intéressent les gourmands !) préconisait d’utiliser la farine restante de l’année précédente pour cuisiner… des crêpes ! La raison particulière demandant à faire des crêpes n’est pas formelle. Les crêpes peuvent faire références aux galettes de blé offertes en offrandes lors des Lupercales mais c’est avant tout leur formes qui justifie leur présence à la Chandeleur. Rondes et ambrées, les crêpes nous rappelle le disque solaire et donc d’une part l’arrivée de la lumière dans le renouveau des saisons et d’autre part l’arrivée de la lumière divine apportée par l’enfant Jésus.

Quoi qu’il en soit beaucoup de traditions sont attachées aux crêpes de la Chandeleur. Il est par exemple préconisé de faire sauter la première crêpe de la main droite tout en tenant une pièce d’or dans la gauche. Si la pâte retombe avec élégance et sans pli, alors les finances du foyer seront assurées pour l’année. Une autre tradition tient à ce que la première crêpe soit gardé dans une armoire afin d’attirer la bonne fortune…

Je terminerait sur une chouette devise propre à ma région Bordelaise natale : À la Chandeleur, si le ciel n’est ni clair ni beau, nous aurons plus de vin que d’eau !

Crêpes réalisées par la Boîte A2. Bon appétit !

Crêpes réalisées par la Boîte A2. Bon appétit !

 

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