Une Richesse Insoupçonnée

Les prémices d’une richesse

©Raphaël Charuel - Tout Droit jusqu'au Matin

©Raphaël Charuel – Tout Droit jusqu’au Matin

– Au carrefour des massifs du Taillefer, de Belledonne, des Grandes Rousses, et des Ecrins: l’Oisans. La vallée qui s’étend le long de la Romanche, berceau de l’hydroélectricité, sur le chemin des cols mythiques et du briançonnais, fut autrefois, et bien avant d’accueillir les grandes stations de ski telles que l’Alpe d’Huez, un important centre d’exploitation de ressources minières.

L’Oisans est un véritable royaume des gneiss: tous les massifs qui le bordent sont constitués de roches métamorphiques. Au cours des temps, le magma terrestre solidifié a subi de fortes modifications de pression et de température, provoquant la formation de cristaux, et il en est de même pour les minéraux présents lors de cette transformation. Bien plus tard (mais nous n’étions toujours pas nés), l’Homme, et principalement la tribu des Allobroges, commence à occuper les lieux lorsque les glaciers disparaissent. La plaine, fertile, permet aisément le développement de l’agriculture. C’est lorsque les Romains débarquent, puis plus tard les Lombards ou les Sarrazins, que la prise de conscience de ces richesses enfouies a lieu. Près du fort romain de Brandes, aura lieu une intense exploitation de l’argent. Puis c’est au tour du fer, du cuivre, du plomb, et du charbon, d’être exploités. Toute une économie commence alors à vivoter, il faudra attendre le XVIIe siècle pour que l’activité minière soit relancée. C’est la découverte de l’or à La Gardette qui stimula de nouveau cette industrie. C’est à Allemond (orthographiée Allemont lorsque l’on se rend sur place), que le métal précieux est fondu, dans les fonderies royales. C’est aussi à cet endroit, que pendant ce temps, une autre richesse est découverte: de l’argent à l’état natif. La ruée vers le minéral est telle que le roi Louis XIV réquisitionne rapidement ces mines exploitées de façon anarchique. De tous temps, les monarques jupitériens ont été obsédés par l’argent!

Les anciennes exploitations

©Raphaël Charuel - Hague de Gneiss

©Raphaël Charuel – Hague de Gneiss

350 ans après, notre photographe d’architecture souterraine implanté à Grenoble, Raphaël Charuel, a pu avec l’un de ses amis de spéléologie, retrouver les galeries de ces anciennes mines. Perchées à près de 2 000 mètres d’altitude, leur accès est alors rendu difficile. C’est dans des conditions évidemment déplorables que les ouvriers d’alors perçaient les galeries. De petite taille, sommairement consolidés, ces travaux ne laissaient qu’une petite espérance de vie au personnel, qui bien souvent, entretenait à l’extérieur d’autres activités agricoles. Aujourd’hui, du fait de leur abandon de ces mines, survenu au cours du XIX e siècle car détrônées par des sources plus lointaines mais plus productives, leurs accès sont bien souvent effondrés. La mine est creusée pour ses minéraux: les matériaux dans lesquels ils se trouvent sont parfois impropres à la construction. Ils se doivent d’être consolidés, comme avec des hagues de stériles, ou bien des boisages. Loin d’être pérennes, ces derniers cèdent et ne peuvent retenir les gravats sus-jacents.

Le Bois des Mines

©Raphaël Charuel - Les Bois

©Raphaël Charuel – Les Bois

Parlons-en justement, de ces bois. À 2 000 mètres, le paysage est souvent composé de végétation rase, sèche, de gravats. Qui plus est les pentes surmontant Allemond, raides et pierreuses, pourtant excessivement riche en diversité de minéraux: calcite, quartz, épidote ou schorl vert,… En bas des mines, la forêt est déjà exploitée pour consolider les autres exploitations des environs. Les mineurs vont donc réutiliser des poutres provenant d’anciennes charpentes pour renforcer leurs galeries. On le voit d’ailleurs sur la photo ci-dessus par la section carrée de ces boisages.

©Raphaël Charuel - De l'Epidote

©Raphaël Charuel – De l’Epidote

C’est par la diversité des minéraux que cette mine fut intensément exploitée, jusqu’au milieu du XIXe siècle. Bien que le développement de ces galeries avoisine les 20 kilomètres, les ouvriers ont laissé peu de traces. Hormis celles de leurs chaussures figées dans la glaise, peu d’outils peuvent être aperçus dans les galeries. On peut supposer que leurs instruments ou lampes leur étaient attitrés.

©Raphaël Charuel - L'Epave

©Raphaël Charuel – L’Epave

Pour en savoir plus:

Mines de l’Oisans
Histoire des mines en Oisans

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *